Chimiothérapie à domicile : comment est-ce possible ?

La chimiothérapie vise à supprimer les cellules cancéreuses via la prise de médicaments spécifiques. C’est un traitement qui peut être administré par voie orale (gélules ou comprimés), par voie intraveineuse (perfusions) et en injection intramusculaire. On peut également avoir recours à d’autres injections. Dans tous les cas, la chimiothérapie est mise en place après le diagnostic d’un cancer et permet d’empêcher la tumeur de proliférer dans l’organisme. À savoir qu’elle peut se dérouler à domicile. Mais comment est-ce possible ?

Comment se déroule un traitement de chimio à la maison ?

La chimiothérapie à domicile peut être envisagée dans certains cas, selon le type de cancer, le stade de l’affection, le protocole thérapeutique et l’état général du patient. C’est le médecin oncologue qui décide si le patient peut en bénéficier ou non, après avoir évalué les bénéfices et les risques potentiels. La chimiothérapie à domicile peut se faire par voie orale ou par voie intraveineuse.

Dans le premier cas, on fait appel à des médicaments anticancéreux qui se présentent sous forme de gélules ou de comprimés. Ceux-ci sont disponibles dans les officines. Pour que le traitement puisse aboutir, le patient se doit de respecter scrupuleusement les doses prescrites par le médecin ainsi que les horaires et la fréquence préconisés. Il doit de surcroît être très attentif à son état en surveillant l’apparition d’éventuels effets indésirables et signaler son médecin ou son médecin référent le cas échéant.

Dans le second cas, le traitement est injecté dans la veine du patient par le biais d’un dispositif appelé cathéter. Ce dernier permet d’accéder facilement au système veineux. Il peut être central (posé dans une veine plus large comme la sous-clavière ou la jugulaire) ou périphérique (placé dans une veine du bras). Une fois le cathéter installé, il peut rester en place pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Selon le protocole, la perfusion peut durer entre 30 minutes et plusieurs jours. C’est un infirmier qui se rend chez le patient pour l’effectuer et s’assurer qu’elle se déroule comme il se doit. Notons que les médicaments à injecter par voie intraveineuse sont préalablement préparés en pharmacie hospitalière.

Pour un bon déroulement, le plus souvent, comme expliqué sur le site https://studiogroup.care, le patient doit se rendre à l’hôpital pour bénéficier de sa première cure de chimiothérapie intraveineuse. Ainsi, l’équipe soignante peut surveiller la manière dont il tolère le traitement au cours et au terme de la perfusion, mais aussi l’aider à se familiariser avec la procédure. Selon les médicaments prescrits et l’état de santé du patient, ce dernier peut recevoir les prochaines cures à son domicile dans le cadre d’une HAD (hospitalisation à domicile).

Chimiothérapie à domicile

Qu’en est-il du suivi de la chimiothérapie à domicile ?

Le suivi de la chimiothérapie à domicile est assuré par une équipe médicale pluridisciplinaire. Cette dernière est constituée d’un médecin traitant, d’un oncologue, d’un infirmier compétent, d’un pharmacien, etc. Le suivi vise à garantir aussi bien la sécurité que l’efficacité du traitement. Nous pouvons y ajouter l’accompagnement du patient tout au long de son parcours de soins. Le suivi à domicile repose sur une multitude d’éléments.

On note en premier lieu le protocole thérapeutique. Celui-ci est établi en amont par l’équipe médicale hospitalière, avec le patient lui-même et toute l’équipe qui assure sa prise en charge. Un tel document précise les objectifs et les modalités du traitement ainsi que le suivi à domicile. Sont donc indiqués dans le protocole thérapeutique :

  • les médicaments,
  • les doses,
  • les fréquences,
  • les horaires,
  • les voies d’administration,
  • les potentiels effets indésirables,
  • les examens de contrôle à réaliser,
  • les consignes à respecter,
  • les coordonnées des individus à contacter en cas de souci…

On note ensuite les consultations régulières. Notons que le patient doit régulièrement se rendre à l’hôpital pour des consultations avec son médecin oncologue et des examens de contrôle. Il s’agit de vérifier l’efficacité du traitement et la tolérance à ce dernier, d’adapter les doses si nécessaire, de prévenir ou de traiter les éventuelles complications et de répondre à toutes les questions du patient.

Par ailleurs, un infirmier formé et habilité se rend au domicile du patient pour installer, contrôler et stopper la perfusion de médicaments en cas de chimiothérapie intraveineuse. Le même professionnel vérifie aussi le bon fonctionnement du cathéter et du dispositif de perfusion, sans oublier l’état général du patient. Il peut éventuellement administrer des soins complémentaires ou effectuer des prélèvements sanguins.

Le patient peut contacter son cancérologue, son médecin traitant ou son infirmier référent en cas de doute, de question ou de problème en rapport avec son traitement. Il doit aussi signaler tout symptôme inhabituel ou gênant et aviser l’équipe soignante en cas de fièvre ou de complications. Un médecin se rend directement chez lui si nécessaire.

L’éducation thérapeutique est aussi l’un des piliers de la chimiothérapie à domicile. Un tel processus qui vise à aider le patient à comprendre sa maladie et son traitement, à acquérir des compétences pour gérer en toute sécurité son traitement et ses effets indésirables, à adopter des comportements favorables à sa santé et à sa qualité de vie.

L’éducation thérapeutique peut être dispensée par différents professionnels de santé (médecins, infirmiers, pharmaciens…) ou par des associations de patients. Elle peut prendre différentes formes : entretiens individuels ou collectifs, brochures d’information, ateliers pratiques… D’autres spécialistes peuvent intervenir auprès du patient si besoin : kinésithérapeute, orthophoniste, etc. Quoi qu’il en soit, en cas de complication, la réhospitalisation du patient peut être envisagée.

Quelle prise en charge pour ce type de traitement ?

Le cancer, quel qu’en soit le type, entre dans le cadre de l’affection de longue durée (ALD). Son traitement est par conséquent pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, sur la base du tarif de remboursement fixé par la Sécurité sociale. Le patient n’a alors aucuns frais à avancer pour les consultations, les examens, les perfusions, les médicaments, les soins infirmiers, les prestations techniques, etc.

Les frais de transport peuvent aussi faire l’objet d’une prise en charge s’ils sont prescrits par un médecin et sont liés aux traitements ou examens en lien avec l’ALD dont souffre le patient. Ce dernier doit en plus être dans l’incapacité de se déplacer par ses propres moyens. La prescription médicale de transport doit être établie en amont de chaque déplacement. Le patient doit ensuite la faire parvenir à la CPAM dont elle dépend avec tous les justificatifs requis. Le patient peut en outre prétendre à d’aides sociales ou d’associations.

Chimiothérapie

Y a-t-il des inconvénients liés à la chimiothérapie à domicile ?

On note tout d’abord le risque d’isolement social. Le patient peut en effet se sentir seul dans le cas où il ne dispose d’aucun soutien amical ou familial. Il pourrait aussi avoir des difficultés à communiquer avec l’équipe médicale qui le prend en charge, à exprimer ses émotions ou ses besoins. Le patient doit de plus être en mesure de gérer son traitement et de respecter à la lettre les consignes données par son oncologue, son médecin ou son infirmier. Il doit se montrer très vigilant face aux éventuels effets indésirables et savoir contacter l’équipe soignante au bon moment.

Dans le cadre d’une chimiothérapie à domicile, le patient ne profite d’aucune présence permanente d’un professionnel de santé. En conséquence, il est constamment confronté à des risques d’accident ou d’erreur. Il peut à tout moment être tenté d’interrompre ou de modifier le traitement sans l’avis du médecin s’il a du mal à supporter les effets indésirables ou s’il perd confiance en l’efficacité de la chimiothérapie.

Le patient peut aussi oublier de prendre ses médicaments ou d’avertir l’équipe soignante en cas de souci lié au traitement. Nous pouvons ajouter à tout cela le risque de retard dans la prise en charge. Le patient peut avoir du mal à joindre l’équipe soignante en cas de complication ou d’urgence. Il peut retarder la consultation à l’hôpital dans le cas où il craint de perdre le bénéficie du traitement à domicile ou s’il minimise les symptômes.

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